Chapitre 1 La médecine populaire : aspects utiles and nuisible

Chapitre 1
Les remèdes maison et les croyances populaires

Dans tous les endroits du monde, les gens appliquent des remèdes maison. Dans certaines régions, les méthodes de traitement anciennes ou traditionnelles sont transmises de père en fils et de mère en fille depuis des centaines d’années.

Beaucoup de remèdes maison sont très utiles. D’autres le sont moins. Et certains peuvent comporter des risques ou être dangereux. Les remèdes maison, tout comme les médicaments modernes, doivent être employés avec prudence.

En cas de maladie grave, il est généralement plus sûr d’être soigné par la médecine moderne, suivant le conseil d’un personnel soignant, si possible.

Essayez de ne jamais causer de dommages.

N’utilisez un remède que si vous êtes certain qu’il est sans danger et que vous savez exactement comment l’administrer.

Les remèdes maison utiles

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Pour la toux, la grippe, et la diarrhée ordinaire, les tisanes sont souvent plus efficaces, moins chères, et plus saines que les médicaments modernes.

Pour beaucoup de maladies, les remèdes anciens sont aussi efficaces que les médicaments modernes — ou même plus efficaces. Ils sont souvent moins chers. Et dans certains cas, ils sont plus sûrs.

Par exemple, beaucoup de ces tisanes qu’on utilise traditionnellement pour soigner la toux ou le rhume guérissent mieux et causent moins de problèmes que les sirops pour la toux ou les médicaments puissants prescrits par certains docteurs.

De même, « l’eau de riz », les thés, ou les boissons sucrées que donnent souvent les mères à leurs enfants qui ont la diarrhée sont souvent plus sains et plus efficaces que n’importe quel médicament moderne. Le plus important, c’est que l’enfant qui a une diarrhée boive beaucoup de liquides (p. Traitement de la diarrhée).

Les remèdes maison ne marchent pas pour toutes les maladies

Les remèdes maison aident à guérir certaines maladies. D’autres sont mieux soignées par les médicaments modernes. Ceci est vrai de la plupart des infections graves. Les maladies comme le paludisme, la pneumonie, le tétanos, la typhoïde, la tuberculose, l’appendicite, les maladies causées par les rapports sexuels, et la fièvre après l’accouchement doivent être traitées avec des médicaments modernes le plus tôt possible. Ne perdez pas de temps en essayant de traiter ces maladies avec des remèdes maison d’abord.

Il est parfois difficile de faire la différence entre les remèdes maison qui marchent bien, et ceux qui ne marchent pas. Tous devraient être étudiés plus soigneusement. C’est pourquoi :

En cas de maladie grave, il est généralement plus sûr d’être soigné par la médecine moderne, suivant le conseil d’un personnel soignant, si possible.

Méthodes anciennes et méthodes nouvelles

Certaines des méthodes de soins modernes répondent mieux aux besoins que les anciennes. Mais parfois, ce sont les méthodes traditionnelles qui marchent mieux. Par exemple, les soins traditionnels aux enfants ou aux personnes âgées sont souvent plus doux et plus efficaces que certaines des méthodes nouvelles, moins personnelles.

Il n’y a pas longtemps, tout le monde croyait qu’il n’y avait rien de mieux pour la santé d’un enfant que le lait de sa mère — et c’était vrai ! Ensuite, les grands fabricants qui produisent du lait artificiel et du lait en boîte ont fait croire que le biberon était préférable. Ce n’est pas vrai, mais beaucoup de mères y ont cru et ont commencé à nourrir leurs enfants au biberon. De ce fait, des milliers d’enfants ont souffert et sont morts d’infections ou de faim, sans raison. Voyez pourquoi rien n’est mieux que le sein, à la p. L’alimentation du bébé.

Respectez les traditions de votre communauté et développez votre approche à partir de là.

Les croyances qui guérissent

Certains remèdes maison ont un effet direct sur le corps. D’autres semblent ne faire du bien que parce que les gens croient en leur pouvoir. Le fait de croire sincèrement qu’un remède va vous guérir peut avoir un effet puissant. Par exemple, j’ai vu un homme qui se plaignait d’avoir mal à la tête. Pour le guérir, une femme lui a donné un petit morceau de patate douce en lui disant que c’était un antidouleur très fort — et la douleur a vite disparu. C’était la confiance dans le remède, et non pas le remède lui-même, qui l’a soulagé.

Beaucoup de remèdes traditionnels agissent de cette manière. Ils soulagent surtout parce que les gens ont foi en leur pouvoir. C’est pourquoi les remèdes traditionnels sont utiles surtout pour guérir des maladies qui sont en partie inventées par l’esprit, ou celles qui sont causées en partie par les croyances, les inquiétudes, ou les peurs de la personne. Ce genre de maladies comportent l’envoûtement (quand on a été « ensorcelé »), les mauvais sorts, les peurs irraisonnées ou hystériques (quand on est extrêmement agité et nerveux), des « douleurs » ou « malaises » vagues (qui sont ressenties surtout dans les périodes de stress), par exemple chez les jeunes filles ou les femmes âgées), et l’angoisse. Ce peut aussi être vrai dans les cas d’asthme, de hoquet, d’indigestions, d’ulcères de l’estomac, de migraine, ou même de verrues.

Dans tous ces cas, la manière ou le toucher du guérisseur joue généralement un très grand rôle. Très souvent, le soin consiste surtout à montrer que l’on se soucie du malade, à amener la personne à croire qu’elle guérira, ou simplement à l’aider à se détendre.

Parfois, ce type de croyance peut aider une personne qui a des problèmes d’origine entièrement physique.

Par exemple, pour les morsures de serpents venimeux, certaines personnes proposent les remèdes suivants :

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1. Appliquer une herbe.

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2. Appliquer du tabac.

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3. Mordre le serpent.

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4. Passer la bile du serpent sur la morsure.

Dans d’autres régions, les gens ont aussi beaucoup d’autres remèdes contre les morsures. Mais pour autant que nous sachions, aucun de ces remèdes n’a d’effet direct contre le venin de serpent. La personne qui dit que, grâce au remède maison, le venin n’a pas eu d’effet sur elle, a probablement été mordue par un serpent non venimeux !

Mais il est possible que l’un de ces remèdes fasse du bien à la personne si celle-ci croit en son pouvoir de la guérir. En recevant le remède, elle a moins peur, son cœur bat moins vite, elle bouge et tremble moins, et de ce fait, le venin circule plus lentement dans son organisme. Donc le danger diminue !

Bien entendu, l’avantage de ces remèdes est limité. Malgré leur fréquente utilisation, beaucoup de personnes tombent malades ou meurent quand même. Pour autant que nous le sachions :

Aucun remède maison appliqué contre les morsures venimeuses (de serpent, d’araignée, ou d’autre animal venimeux) n’a de pouvoir de guérison, sauf à travers la croyance en son pouvoir de guérison.

C’est pourquoi, dans le cas de morsure de serpents, il vaut généralement mieux appliquer un traitement moderne. Attention, soyez prêt ! Fournissez-vous en sérum antivenimeux avant qu’un cas d’une morsure ne se présente. N’attendez pas qu’il soit trop tard.

Pour toutes les toux, rhumes et diarrhées normales, les infusions sont souvent plus efficaces, moins chères et moins dangereuses que les médicaments modernes.

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Les croyances qui rendent malade

La croyance en un remède aide parfois à guérir. Mais elle peut aussi nuire. Si quelqu’un croit très fort que quelque chose va lui faire du mal, sa propre peur est capable de le rendre malade. Par exemple, j’ai été appelé auprès d’une femme qui venait de faire une fausse couche, et qui saignait encore un peu. Il y avait un oranger près de la maison et j’ai proposé qu’elle boive un jus d’orange (les oranges ont de la vitamine C, qui renforce les vaisseaux sanguins). Elle en a bu — bien qu’elle ait eu très peur que cela lui fasse du mal.

Sa peur était tellement forte qu’elle s’est vite sentie très malade. Quand je l’ai examinée, je n’ai rien trouvé d’anormal. J’ai essayé de la réconforter, et lui ai expliqué qu’elle n’était pas du tout en danger. Mais elle répétait qu’elle allait mourir. Si bien qu’à la fin je lui ai fait une piqûre d’eau distillée très pure. L’eau distillée n’a aucun effet médical. Mais comme elle avait une grande confiance dans les piqûres, elle s’est tout de suite remise. En réalité, le jus d’orange ne lui a fait aucun mal. Ce qui l’a rendue malade, c’est de croire que le traitement lui ferait du mal. Et ce qui l’a remise, c’est sa confiance dans les piqûres !

De la même manière, beaucoup de gens continuent de croire à des idées fausses sur la sorcellerie, les piqûres, l’alimentation, et beaucoup d’autres choses. Il en résulte beaucoup de souffrances inutiles. D’un côté, j’ai peut-être aidé cette femme. Mais plus j’y ai pensé, plus j’ai trouvé que je lui avais aussi fait du tort ; je l’ai laissé croire à des choses qui n’étaient pas vraies.

J’ai voulu redresser la situation. Alors quelques jours plus tard, quand elle a été complètement rétablie, je suis retourné la voir et me suis excusé de la façon dont j’avais fait les choses. J’ai essayé de lui faire voir que ce n’était pas le jus d’orange, mais sa peur qui l’avait rendue si malade. Et que ce n’était pas la piqûre, mais l’absence de peur qui l’avait remise.

En comprenant la vérité à propos de l’orange, de la piqûre, et du rôle que ses idées et ses sentiments avaient joué, cette femme et sa famille seront peut-être un peu plus libérées de la peur, et pourront mieux prendre soin d’eux-mêmes à l’avenir. Car la santé est liée de très près à la compréhension de la façon dont les choses se passent, et à l’absence de peur.

Une femme qui vient d’accoucher doit manger de tout

Cette règle est importante et entièrement confirmée par la médecine moderne. Mais beaucoup de femmes sont influencées par les croyances qui imposent des régimes spéciaux, et ont peur de manger certains aliments qui, pourtant, les aideraient à produire du lait et à résister aux saignements et aux infections possibles après un accouchement. Ces comportements sont souvent à l’origine de la mort de la mère ou du nouveau-né.

Les pages qui suivent mentionnent d’autres croyances et coutumes nuisibles basées sur des idées incorrectes.

Mais ces croyances peuvent causer des réactions physiques ou comportementales à cause du « pouvoir de la foi ».

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